Thierry Smits

Né à Koersel en Belgique, Thierry Smits a fait ses études en danse classique et danse contemporaine à Bruxelles et Paris. Après une courte carrière en tant que danseur, il devient très rapidement chorégraphe.

Avec sa première chorégraphie, La Grâce du tombeur, présentée en 1990 aux Halles de Schaerbeek à Bruxelles, il va très vite acquérir une renommée internationale dans le monde de la danse contemporaine. Depuis lors, il est devenu un chorégraphe infatigable avec plus de vingt productions à son actif au sein de sa propre compagnie et de nombreuses autres au sein d’autres compagnies théâtrales.

Dans ses spectacles qui oscillent entre danse pure et dramaturgie et dans lesquels rigueur technique et créativité gestuelle sont omniprésentes, les relations entre le sexe et le sacré occupent souvent une place prépondérante.

Le corps, objet de désir, de plaisir et de finitude, est souvent le sujet même de la recherche chorégraphique de Thierry Smits. Non seulement parce que, en tant que chorégraphe, le corps est, de manière évidente, le matériau et l’outil de son travail. Mais aussi parce que, depuis 1991, avec le spectacle Eros délétère, mais aussi avec le solo Cyberchrist (1995), avec Corps(e) (1998), Red Rubber Balls (1999), Reliefs d’un Banquet (2004), V.-Nightmares (2007) et Sacrifices (2012), Thierry Smits a creusé régulièrement l’idée même de la corporéité, et les tensions qui existent entre le corps jouissant, le corps « sexe », et le corps malade, atteint intimement et voué à la disparition.

En parallèle à ce travail qui se concentre sur des questionnements en filigrane à la danse mais liés à un élément extérieur, Thierry Smits s’interroge sur la danse en tant que telle – la danse qui ne se réfère à rien d’autre qu’elle-même -, comme ce fut le cas pour la première fois dans Soirée dansante (1995). Avec Richard of York Gave Battle In Vain (2001), Dionysos’ Last Day/Stigma (2003), D’ORIENT (2005), To the Ones I Love (2010), Clear Tears/Troubled Waters (2013), cocktails (2014) et ReVolt (2015) il continue dans cette trajectoire donnant priorité à une étude de la forme, de la composition chorégraphique et la recherche du mouvement. Son spectacle  Clear Tears/Troubled Waters a été présenté au théâtre de Namur.

En 1995, Thierry Smits reçoit le prix du meilleur chorégraphe de la SACD-Belgique, et en 1998, avec Corps(e), le prix Océ Belgique pour les arts de la scène de la Communauté française. En 2008, il reçoit, pour V.-Nightmares, le Prix de la Critique 2007 pour le meilleur spectacle de danse 2007-08, décerné par la presse culturelle francophone de Belgique.