Joëlle Sambi + « C’est la vie » de Mohamed El Khatib

Soirée combinée slam + théâtre

24 → 25.08.2021

Cour de l'école Notre-Dame (A l'arrière du Théâtre)

Dates et heures

Première partie de soirée:

SLAM – Joëlle Sambi et les Midis de la poésie – 19h / cour de l’école Notre-Dame
avec soto, Farah, Marie-Paule & DJ Rokia Bamba

L’où vais-je traduit en où irions-nous?  De terreau post-colonial en terres d’origines, l’artiste Joëlle Sambi mélange les langues, pénètre le monde dans la ferveur et la rigueur de travail.  Viscères et réaction. L’où fais-je croissant vers le nous le ferons. Sa voix de migrante, lesbienne, afroféministe, exilée permanente écrit non pas pour en vivre, mais pour en abuser, jusqu’à s’entendre vivre. Colères et création.

Née le cul sur une frontière linguistique entre Bruxelles et Kinshasa, Joëlle Sambi dit, crie, écrit des nouvelles, romans, slams, poèmes, documentaires, espaces radiophoniques, lieux militants. Cette liste non-exhaustive des traces qu’elle arpente. Lacis de luttes-désirs-nécessités. Meuffe-nomade qui soulève, relève, enlève des strates aux cases de l’identité normative en ponçant du texte, huilant de l’image, savonnant la scène.

Depuis 2003, ses titres en solo ou collective entamant le monde. Son premier recueil de poésie Caillasses (Ed. L’arbre de Diane) est sorti cette année.

Rokia Bamba est DJ dans des lieux afro-féministes bruxellois et parisien, tels que Globalicious, Afropunk, La Colonie, Massimadi et le festival “New Afro Ke-Pon”, dont elle sera commissaire pour la première édition belge en 2020. Elle possède un style unique mélangeant a cappella, groove et punk. Elle travaille également comme compositrice de pièces sonores artistiques comme “21C / 19C_Chpt3_Numbers and Comments” (2017), conçue pour les projections performatives d’Antje Van Wichelen et “My musical Kongo language exploration” (2017), jouée à La Colonie, à Paris. Elle a participé au concert de l’Orchestre Populaire de Bruxelles à L’Ancienne Belgique avec le chanteur Arno (2017) et à la pièce de poésie “Ceci n’est pas un poème II” (Bozar 2016).

soto labor porte son attention sur les conditions d’exercice du discours et les formes de son énonciation. En tant que poète et performeur, il investit ce champ en fabricant des scénarii qu’il incarne le plus souvent en collaboration avec d’autres artistes. Il est l’auteur de Trompette, un ensemble de 3 courts textes parus dans la série des Presage Pamphlet, After8books (Paris). Il a récemment participé à une lecture collective à l’occasion du lancement de la revue How to become a motherfuckingelegist à *Duuu radio (Paris). Son travail d’écriture cherche à fabriquer des espaces de friction et de perméabilité entre êtres vivants, humains et objets.

Marie-Paule Mugeni
Jeune artiste mêlant la poésie et la danse à son art.
L’écriture est pour elle un moyen de mettre des mots à ses maux, d’exprimer l’amour et la joie, de crier la délivrance et la libération.

Après des années passées à hésiter, craindre, douter, Farah se décide enfin à exprimer son amour des mots par le biais du slam, auquel elle s’essaie pour la première fois il y a quelques mois seulement. Séduite par la discipline, par la place qu’elle accorde à la vulnérabilité et l’honnêteté, elle y trouve sa thérapie. Aussi, ses textes sont introspectifs mais abordent des thèmes universels tels que l’amour de soi, la maternité, la peur. En racontant l’inconfort, la maladresse et la joie, elle entend se lancer dans la découverte de sa propre identité et invite au passage qui veut l’entendre dans son voyage.

 

Deuxième partie de soirée:

THEATRE – C’est la vie – 20H30 / grande salle
De Mohamed El Khatib

« C’est la vie » est une démonstration d’amour inconditionnel. C’est ce qu’il reste quand vous avez perdu l’essentiel. Une expérience intime, esthétique et politique.

Cette performance documentaire met en scène deux comédiens, Fanny Catel et Daniel Kenigsberg. Deux acteurs, deux parents qui ont chacun perdu leur enfant. La fille de Fanny avait 5 ans. Le fils de Daniel, 25 ans. Cela a eu lieu et c’est irrémédiable. Ils jouent leur propre rôle. Ce spectacle est une performance documentaire, sur le fil mais sans ambiguïté, parce que menée par ceux qui savent qu’il y a un Avant. Et un Après.

Lors de sa précédente création accompagnée par le CDN, Finir en Beauté, Mohamed El Khatib entrait dans le vif de la mort : celle de sa mère, dont il avait consigné les derniers instants de vie. Un théâtre ancré à même le réel. Mohamed El Khatib, auteur et metteur en scène, n’en a pas fini avec la perte de l’être aimé. Avec la même délicatesse que lorsqu’il « collectait » différents matériaux pour rendre compte du processus de son deuil, il a réalisé de nombreux entretiens avec ses comédiens. Avec bienveillance et humour, il a su faire de ces histoires intimes un acte de partage, donc un acte de théâtre.

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Faire le deuil : expression stupide qui laisse entendre que celui-ci est un travail dont nous viendrions à bout comme de tout labeur avec un peu de bonne volonté et d’application.

[-] : Le tiret sépare deux dates. Pour ma mère par exemple, 1950-2012. Toute sa vie est contenue dans ce tiret. Pour un enfant, c’est beaucoup plus court.

 

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