Voici l’avis de notre spectatrice « témoin »! Charline a vu Amadeus, ce mardi 28 mars.

Ceux qui me lisent depuis quelques mois pensent certainement que je suis LA spectatrice enjouée qui aime absolument toutes les pièces qu’elle a vues. C’est vrai !! Et celle-ci ne fait évidemment pas exception ! Je pense même que c’est la seule qui m’ait plongée dans un tel état extatique.

Certains penseront que je n’y connais rien et que pour ne rien critiquer je dis que j’aime tout, d’autres diront que je me drogue …Même pas ! Je suis juste une fille chanceuse à qui l’on donne de chouettes spectacles ! Bon en plus, celle-ci c’est pratique, on connaît déjà l’histoire, et la fin (un peu comme dans Columbo).

Mozart le génie, Mozart le compositeur grandiose, Mozart jalousé et détruit par Salieri …Rappelez-vous, le talentueux Milos Forman, réalisateur de son état, avait porté à l’écran cette pièce de 1979. Finalement, j’allais « juste » voir la pièce qui avait inspiré le film. Facile, propre et net.  « Juste » ahahahaha ! (Rire de Mozart) Non. Pas « juste ». « Juste » serait injuste (oui j’ai osé la faire). « Juste » serait réduire la prestation que nous offre tous les acteurs sur scène. « Juste » serait oublier que tout cela se joue en 2h20, sans seconde prise, sous nos yeux ébahis.

Tout débute par des voix, envoûtantes, qui appellent sans fin « Salieri », vient ensuite un acteur à gauche, un autre à droite, un autre encore du fond de la salle, puis des loges, …Nos yeux sont partout, le ton est rythmé. La scène a duré 1m30 et déjà, je sais que je vais adorer. Le vieux Salieri entre en scène, et s’adresse à nous, fantômes du futur. Salieri nous confesse le meurtre de Mozart (Un Columbo je vous dis !)

Et puis l’histoire prend vie, Mozart le génie, Mozart et sa nonchalance frivole, Mozart qui joue son talent à la face du monde ! Face à lui, Salieri ; sa jalousie, son envie, sa gourmandise, sa colère, son orgueil (A vous de retrouver les péchés manquants), sa folie qui le poussera finalement à commettre l’irréparable.

Mozart nous fait rire aux larmes avec sa légèreté et sa manière de tout tourner en dérision. Il se complaît dans une irrépressible luxure (celui-là est cadeau) et nous inonde de son talent. Aaaaaah Mozart, qu’est-ce que j’ai ri grâce à lui ! Il fait le chatou minou comme personne, sachez-le ! (Et oui monsieur, 2h20 de prestation et je n’ai retenu que votre imitation du chat !) Divin comédien à la coiffure électrisée, alors que l’électricité n’avait même pas été inventée, il incarne Mozart sans aucune fausse note !

Face à lui Salieri, nous enferme dans nos sentiments les plus noirs. Colère, envie, vengeance. Mais Salieri ne fait pas que ça, Salieri moi, il m’a éblouie. Quel acteur ! Quel talent ! Il s’en est fallu de peu pour que je ne coure pas sur la scène pour me jeter à ses pieds (je suis une groupie dans l’âme). Cette pièce repose en beaucoup de points sur lui, une seule faille et il casse le rythme. Et il a été parfait, éblouissant, époustouflant. J’ai tout vécu avec lui ! Il m’a fait peur dans ses colères, m’a emportée dans sa folie, m’a fait rire avec son cynisme. 1000 fois bravissimo Signore Salieri ! Quelle prestation ! Peut-être un petit bémol sur sa mort …Marion Cotillard n’aurait pas mieux fait …Mais cette dernière scène n’enlève en rien ces merveilleuses heures passées en votre compagnie. J’ai souvent préféré les méchants aux gentils, au théâtre ou au cinéma, mais vous alors ! Vous êtes le méchant le plus talentueux que j’ai vu !

J’écris ces dernières lignes et je me rends subitement compte que je n’ai parlé que de Mozart et de Salieri. J’aurais pu évoquer Constance, l’Empereur ou les messagers de Salieri mais même sous mes doigts, leur confrontation est inéluctable, leurs destins liés à jamais.

Vous avez jusqu’à vendredi pour aller voir cette pièce, alors foncez !

Charline Wartel

Photo: Fabrice Gardin

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