L’une de nos fidèles abonnées a revu Raoul de James Thiérrée, 10 ans après sa création.
Voici son avis!

 

Ruez-vous au TRN pour découvrir ou redécouvrir Raoul, succès de James Thiérrée créé en 2009. Un spectacle de haut vol dans tous les sens du terme. Car la magie, le génie de Thiérrée, c’est un théâtre physique d’une grâce virtuose, mêlant au burlesque du muet le breakdance aussi aisément que le slowmotion matrixien, le moonwalk, la frénésie des Deschiens ou la légèreté des papillons. C’est aussi la richesse d’un personnage qui est tout à la fois Robinson arctique, Alice en guenilles, clochard céleste, Icare, samouraï, Jedi steampunk, Sisyphe ou primate – autant de références à prendre ou à laisser, selon l’âge du spectateur, chacun interprétant librement Raoul selon ses propres clés. Brouillant les frontières de l’identité, de l’animal et de l’humain, du vivant et de l’inanimé avec une inventivité ébouriffante, Thiérrée propose une fable philosophique sur la solitude et la folie, mais aussi sur la modernité, via l’esquisse d’un monde en déréliction.

Dix ans après sa création, Raoul résonne certainement un peu différemment, dans un contexte de catastrophe climatique accélérée et de mirage de l’intelligence artificielle. C’est parce que James Thiérrée réussit ce tour de force de nous livrer une réflexion intelligente, lisible à divers degrés, toujours accessible et drôle qu’il faut voir cette œuvre de toute beauté.

Marie De Ridder

 

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