Souvenez-vous du succès de Madame Bovary présenté la saison dernière au Studio. Cette année, Agnès Limbos revient avec Ressacs (janvier 2015) nous émerveiller par son don de la mise en scène, déployée entre humour, marionnettes,  féérie et cabinet de curiosités. L’occasion d’en savoir un peu plus sur l’artiste et le sens de son travail…

Née à Huy, Agnès Limbos est auteure, comédienne, metteuse en scène, et professeure de théâtre. Elle est la fondatrice de la Compagnie Gare Centrale (1984) avec laquelle elle crée des spectacles dans lesquels elle développe une recherche artistique autour du théâtre d’objet et de l’acteur manipulateur. Entre voyages et formations pour le théâtre Jeune Public, elle a étendu son regard, sa technique et a créé sa propre façon de faire.

Petite, elle était, nous dit-elle, limite autiste. Contemplative, en tout cas, craintive, isolée, fragile. Aujourd’hui, Agnès Limbos est devenue, par sa présence tragico-clownesque, une des grandes artistes de la scène belge. – La Libre

Elle est une figure emblématique du théâtre d’objets, cet art du détail qui éblouit les yeux et fait fonctionner l’inconscient. Depuis toujours Agnès Limbos se passionne pour la puissance de l’objet comme acteur à part entière et pour la capacité du comédien a le manipuler. Il n’y a pas de détournement, les objets ne sont pas considérés comme des accessoires mais bien comme des éléments fondateurs de la pièce, imposant leur présence comme pilier du jeu. Tout est calculé, imaginé et justement pensé pour les renvoyer à une entité, réelle effigie au sein des protagonistes du récit.

Faire prendre vie aux objets relève du défi puisqu’il est primordial de rendre l’expérience sensible et d’adapter le mouvement, la respiration ou encore la voix, si besoin, à chaque objet choisi. Chaque élément mis en scène transpose avec lui un univers qui fait marcher nos propres souvenirs et nos références. Ces fameux objets développent leur expressivité de par leur état original et inattendu, au départ inerte et sans vie, qui s’animent, racontent et prennent pour finir la place d’un personnage.

Agnès Limbos ne choisit pas des objets en fonction du thème qu’elle veut aborder mais elle se laisse plutôt attirer par eux. Au détour de glanages sur les brocantes et de promenades, interpellée par tel ou tel bibelot, elle l’adopte et cherche à en trouver ensuite la signification. Elle définit d’ailleurs son travail comme du théâtre de récup’. A la manière des marionnettistes ou des conteurs, l’atmosphère extraordinaire nous encercle et la pièce prend une direction délicatement fantastique.  Derrière ces ensembles faits de bric et de broc se dévoile alors une histoire. Historiquement, le théâtre d’objets n’est pas nouveau. Il existe depuis de nombreuses années et a servi beaucoup de metteurs en scène par le passé, soucieux d’innover et désirant détourner la construction réaliste, parfois réductrice, des spectacles d’avant. L’intérêt d’une telle pratique c’est d’ouvrir le champ des perceptions. Quel que soit l’âge du spectateur, son imagination est stimulée pour construire le récit. L’histoire prend sens pour tous et chacun se voit touché de manière unique et personnelle.

Sources : www.lalibre.be, www.cndp.fr, www.ens-lyon.fr, www.bellone.be

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