En janvier, nous vous proposons le très beau « Clôture de l’amour » de Pascal Rambert avec Sandrine Laroche et Pietro Pizzuti.
Deux acteurs et un auteur qui, parce que la vie est toujours pleine de surprises, s’étaient déjà rencontrés, il y a bien des années… dans une autre vie. 
Voici le premier épisode d’une mini- série qui mènera les spectateurs jusqu’au jeudi’stoire que nous consacrerons à ce spectacle, à son texte, à ses acteurs.

La trajectoire du boomerang

Dans les années 1990.

Sandrine Laroche est élève au Conservatoire d’Art Dramatique de Bruxelles, nous sommes au début des folles années 90. J’ai la chance d’être son chargé de cours. Elle est immensément douée et irrésistiblement belle. Elle ne s’en contente pas, veut travailler, parfaire, est curieuse, « descend » à Paris, furète, y rejoint ses amis, va au théâtre, passe des castings,  tombe sur « Les parisiens ou l’été de la mémoire des abeilles » applaudit le spectacle, rencontre l’auteur Pascal Rambert, et de retour à Bruxelles me met le bouquin dans les mains, en lâchant un suave « Si j’étais toi je lirais ça très vite… » serti d’un sourire à désarmer l’armée rouge. Je lis, le texte est une étoile dans le firmament théâtral de la décennie ! Je fais de petits bonds de lièvre en rut et me dis que fée Sandrine a vraiment trouvé un merveilleux os à ronger pour toute la classe en vue du concours de fin d’année ! Au travail ! Nous présentons un condensé de l’œuvre, prennent part à l’exercice outre Sandrine, Anne Beaupain, Anne Claire, Vincent Marganne, Philippe Vauchel, Benoît Vandorselaer, Gaëtan Wenders,… et bien d’autres camarades, aujourd’hui professionnels chevronnés. Le travail est salué par les jurés et les nombreux spectateurs, nous sommes honorés et heureux, Pascal Rambert que j’ai eu le plaisir de rencontrer en est informé et se réjouit avec nous, une complicité se tisse elle dure depuis.

Les années 2010.

Sandro Mabellini, metteur en scène du spectacle, arrive à Bruxelles, en visite prospective, c’était il y a six ans… Il a la bonne idée de venir voir « Orphéon et le raton laveur » de Stanislas Cotton que Virginie Thirion met en scène au Théâtre Le public. J’y joue aux côtés d’Alexandre Trocki. Un bonheur. Le jeune gentil homme de théâtre toscan trouve le travail à son goût et nous nous rencontrons. Après une première collaboration pour une lecture de « À mon père » de Albert Ostermaier que Sylvie Somen nous permet de faire entendre dans le salon du Varia, nous rebondissons sur un projet de dialogue… et voilà le jeune toscan me mettant dans les mains « Clôture de l’amour » de Pascal Rambert. J’avais entendu parler de l’œuvre et de son exceptionnelle profondeur… je n’avais pas encore eu l’occasion de la lire, je lis, je suis sous le choc. J’appelle Mabellini qui exulte. Le projet naît et vibre de nos enthousiasmes mêlés. Dans la lancée, il me demande de lui suggérer des noms d’actrices que je verrais volontiers interpréter le rôle de Audrey, je décline la requête précisant que ce choix lui revient entièrement puisque c’est lui qui nous dirigera et signera la mise en scène. Quarante huit heures plus tard, il me rappelle, il est fébrile. Il a trouvé l’actrice idéale… il l’a connue il y a des années, mais a perdu sa trace… et avec son plus bel accent du pays me demande si je la connais… Au moment où il nomme Sandrine Laroche, je suis saisi d’une émotion violente, prometteuse et belle à partager…

Le reste est à découvrir, non pas à l’écran (selon la formule consacrée), mais à la scène !

Au plaisir, donc !

Pietro Pizzuti

Nous consacrerons un jeudi’stoire complet, le 25 janvier prochain à 20:30, à la rencontre entre un texte (et quel texte!) et son acteur.  Entrée libre au Studio! 

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