C’est une belle et merveilleuse aventure que nous fêtons avec vous cette saison !

En mars 1998, à la réouverture du Théâtre de Namur, nous proposions l’inoubliable « Roi-Cerf » de Carlo Gozzi mis en scène par Benno Besson, on posait le premier jalon de ce qu’allait être notre identité artistique : l’alliance de l’excellence et de l’accessible, du sensible et de l’intelligence.

Avec le recul, on en prend la pleine mesure. Ce sont quelques-uns des artistes en arts de la scène parmi les plus importants de leur temps qui ont posé leur valise à Namur.
Belges ou étrangers, francophones ou pas, venus des cinq continents.
Des comédiens, des conteurs, des danseurs, des marionnettistes, des musiciens, des metteurs en scène, des circassiens… En accueil comme en création.
Nous avons eu le bonheur de produire et créer un nombre important de spectacles, ils nous laissent des souvenirs impérissables. C’est une expérience humaine tellement singulière que d’accompagner des artistes dans l’intimité de leur création.

On a bougé dans Namur également et Namur a bougé avec nous.
Nous avons décloisonné cette ville par une offre culturelle et artistique originale ou festive.
Avant même la réouverture du Théâtre Royal, il y a donc plus de 20 ans, il y eut le Grand Manège que nous avons investi pour la première fois, avec le soutien de la Ville de Namur. Très vite, il est devenu notre espace de création, laboratoire d’idées, lieux de débats, de rencontres, d’expositions. Nous nous réjouissons de sa rénovation imminente et du destin qui l’attend désormais.

Il y eut des occupations de quelques places de la ville pour y dresser de petits ou des grands chapiteaux, des cours d’école pour quelques kermesses… mais surtout la Citadelle où quelque
25 000 spectateurs issus des quatre coins du pays et de ses régions frontalières sont venus, un été sur deux, découvrir les dernières créations de Bartabas et son théâtre Zingaro ou encore le Cirque Plume. Des rendez-vous inoubliables dans les canicules ou sous la pluie.
Puis, il y eut le précieux temps des rencontres et du partage lors des week-ends de l’intime festival, si singulier rendez-vous annuel dédié à la littérature sous toutes ses formes.
Bien sûr, dans un théâtre, comme dans toutes organisations humaines, rien ne peut être réglé comme sur du papier à musique. Avec les salves d’applaudissements, les standing ovations, les rires des enfants aux P’tits 4 heures, la joie et les émotions intenses ; il a fallu compter avec des déceptions, des rendez-vous parfois manqués…
C’est la vie d’un théâtre, un art vivant avec ses fragilités de l’instant.

Il y eut des épreuves personnelles aussi pour des raisons venues de l’intérieur ou de l’extérieur. Ça nous a freinés dans notre élan, nous ne pourrons jamais mesurer le temps perdu, les occasions manquées par cette ombre dans la lumière. Mais nous nous sommes relevés et nous avons avancé.

Ainsi, de théâtre municipal avant sa rénovation, avant 1998, le Théâtre de Namur est en 2018 un acteur des arts de la scène à part entière. Par le professionnalisme de ses équipes et la qualité de son travail, nous sommes reconnus par nos pairs, dans le milieu professionnel belge et européen, nous sommes devenus un interlocuteur, un partenaire de quelques projets phares de la création contemporaine.
Mais tout cela n’aurait pas été possible, si nous n’avions pas reçu le soutien indéfectible de la Ville de Namur, de la Province de Namur et de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Nos principaux pouvoirs subsidiant.
Nous les remercions de leur confiance sans cesse renouvelée durant toutes ces années.
Je pense aux équipes du Théâtre de Namur évidemment. À chacune, à chacun d’entre vous. Cette histoire est une aventure commune.

Nous pensons également à nos différents présidents du conseil d’administration ainsi que les différentes personnes qui les ont entourés. Des présidents et des conseils pleinement investis de leur mission qui ont permis également de faire du Théâtre de Namur ce qu’il est aujourd’hui.

Enfin et parce que cette odyssée n’aurait pas pu exister, sans vous.

C’est à vous que je pense cher spectateur.
Si vous n’aviez pas répondu présent, nous n’aurions rien à fêter.
Dès les premiers instants, vous étiez là en nombre.
Namurois évidemment, de sa ville ou de sa province. Venus des quatre coins de Wallonie ou de Bruxelles. De la Flandre aussi.
Nous pensons particulièrement à nos précieux délégués et à nos abonnés.
Merci de votre fidélité, votre enthousiasme, votre curiosité, votre confiance.
Le programme de la saison 2018-2019 le prouve, nous n’éprouvons aucune nostalgie du temps passé, juste un immense bonheur de l’avoir vécu.
L’aventure continue avec la même exigence, parfois les mêmes artistes, parfois de nouveaux.
Nous restons curieux et enthousiastes et nous sommes heureux que vous soyez toujours présents.
Vous voilà désormais libres; libres de choisir, libres d’aimer.

Bonne saison.

Patrick Colpé,
Directeur général

Commentaires