Le Manège, l’autre théâtre

Sans fenêtre, tout en briques, dont l’enduit, disparu ça et là, dessine sur les murs des formes comme autant de cartes géographiques imaginaires, c’est un lieu chaleureux plein de poésie où des arbres poussent sur la toiture.

Ce lieu, c’est le Manège.
Il accueille chaque année des milliers d’enfants, d’adolescents et d’adultes. En soirée, les spectacles y démarrent à 19:45 et au bar, Josée est toujours de bonne humeur!

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Situé au 82 de la rue Rogier, à moins de 10 minutes à pied du Théâtre Royal, il est un espace brut de plan rectangle (21 m x 59 m) qui offre une plus grande proximité, dans un dispositif frontal, entre le plateau et le public que ne le permet la salle à l’italienne. Le bâtiment principal est flanqué d’une annexe dédiée, à l’origine, au mess des officiers. Il est le lieu idéal pour répondre au faste, au confort et aux ors du Théâtre Royal. Chose amusante, l’un et l’autre sont quasiment contemporains.

A l’heure où la ville s’apprête à ouvrir le chantier de sa rénovation et de sa modernisation dans toutes les parties, l’occasion était trop belle pour lui rendre hommage, pour les nombreux et heureux moments qu’il nous a permis de vivre!

Même si il ne s’agit pas à proprement parler d’un monument architectural, il est néanmoins le témoin caractéristique de l’architecture militaire de l’époque et il s’apparente à bien des endroits à l’architecture civile et industrielle de son temps. A cet égard, sa destination devait être avant tout fonctionnelle. Il fut donc construit sans luxe mais avec des matériaux de qualité.

Les premières traces à son sujet remontent à 1853 quand le Ministre de la Guerre demande au conseil communal de Namur de doter la ville d’un manège digne de ce nom.
Sans connaître le nom de l’architecte, on sait que le chantier fut terminé en 1856.

Jusqu’à la première guerre, il servait essentiellement à l’exercice des premiers lanciers puis du deuxième Chasseurs à Cheval.
On sait que l’édifice accueillait également de nombreuses manifestations civiles : des bals, des concerts, des distributions de prix et des fêtes de charité dont une, dédiée aux victimes de l’incendie du Théâtre en 1860! Plus tragiquement,  le Manège fut réquisitionné, le 20 août 1914, par l’armée allemande pour y incarcérer 200 otages.

En 1935, l’armée délaisse les chevaux au profit de sa mécanisation croissante et le Manège cesse d’être un manège pour devenir logiquement un garage puis un entrepôt.

L’Etat belge cède l’édifice à La Ville de Namur en 1977.

Vingt ans plus tard, en 1997, les autorités communales mettent le lieu à la disposition du Centre Culturel régional de Namur qui, dans l’attente de la réouverture du Théâtre Royal prévue en mars de l’année suivante, a besoin d’un espace pour proposer au public sa première saison.

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Très vite, le lieu s’impose sur au moins quatre axes de programmation : celui de la création en art de la scène, celui des concerts rock en partenariat avec les ASBL namuroises concernées, du Théâtre jeune public et des projets socio-éducatifs.

Au fil du temps, le bâtiment vétuste s’est naturellement fragilisé au point de ne plus répondre aux normes de sécurité actuelles. Un premier projet de rénovation ambitieuse voit le jour en 2004. Mais trois ans plus tard, le projet est jugé trop coûteux par la nouvelle majorité et il sera finalement enterré. Différents travaux sont entrepris pour permettre au lieu de pouvoir accueillir des activités en toute sécurité.

En 2013, la ville remet sur le métier le dossier de la rénovation et semble bien décidée à porter le projet jusqu’à son terme.
En attendant, ce n’est pas moins de 15 spectacles de la saison du Théâtre de Namur qui y seront encore présentés en 2014-2015.

Le Grand Manège, clap de fin… #démontage #rangement #derniersjours

Posted by Le Théâtre de Namur on mardi 2 juin 2015

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Lire:
Le Manège ne sera démoli qu’en ultime recours par Alexandre Debatty in L’Avenir 5/06/14
La rénovation du Grand Manège à Namur par Cédric Flament in L’Avenir 8/02/13

 

Date: 9 octobre 2014

Auteur: Olivier Stoffels

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