J’abandonne une partie de moi que j’adapte

Mise en scène de Justine Lequette

05 → 08.05.2021

Grande Salle

Dates et heures

Et si on recommençait tout autrement ?

On en ressort le cœur gai, un peu confus.e et mis.e à nu.

 

« Êtes-vous heureux ? » … C’est la question emblématique du film documentaire « Chronique d’un été » de Jean Rouch et d’Edgar Morin, Prix de la critique internationale à Cannes en 1961.

Cinq amis et acteurs décident de s’emparer des deux – de la question et du film – et vont profiter de l’espace qu’offre encore la création théâtrale pour se réunir, discuter, s’interroger et créer au final une œuvre existentielle, emplie de poésie.
C’est un instantané de la vie de quelques jeunes adultes qui se déroule alors sous nos yeux, autour d’une table où le langage désuet se mêle au vin rouge et à la fumée de cigarette. Les trente glorieuses s’essoufflent. Mai 68 n’est pas loin. Le travail, l’amour, le mariage, le logement, la guerre… tout y est abordé. Et des questions surgissent les unes après les autres :

« C’est quoi le monde dans lequel on vit ? »
« Comment se débrouille-t-on avec la vie ? »

Comme un air de déjà vu… Et puis soudain, les costumes et le décor changent, les poses aussi. Tout est plus moderne, plus « contemporain ». Mais toujours ces mêmes interrogations…

« Que reste-t-il aujourd’hui ? »
« Que pouvons-nous inventer pour refaire le monde ? »

Au fond, et si la réponse était ailleurs ? Et si on recommençait tout autrement ?

Ce spectacle intime et touchant nous fait comprendre qu’à travers d’autres façons de partager, de vivre ensemble et de penser la société, les germes d’une utopie collective demeurent. Nous nous sentons moins seuls dans cette errance à la fois belle et absurde qu’est la vie.

 

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 « Une belle réussite, drôle sur la forme et dramatique sur le fond, poétique et politique », – Guy Duplat (La Libre Belgique)

« Sous ses airs charmants et artisanaux, avec son savant alliage de nostalgie et d’actualité, le spectacle adresse à notre époque, où la performance est partout et tout le temps, où même le bonheur se mesure en pourcentage, une belle et grande question : qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ? » – Christian Saint-Pierre (Le Devoir)

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Cinéma-Vérité 

Point de départ de cette pièce, le film « Chronique d’un été » de Jean Rouch et Edgar Morin fait un état des lieux de la société française durant l’été 1960. Dans la rue ou au beau milieu d’un salon parisien, le réalisateur et le sociologue organisent des enquêtes, interrogent des personnages récurrents sur la vie, l’amour, le travail, provoquent des confrontations… Ils amorcent ainsi le genre « cinéma vérité » qui consiste à se rapprocher le plus possible de la réalité représentée en intervenant le moins possible.

Le « cinéma-vérité » est fait de mensonges, qui, par un hasard singulier, sont plus vrais que la vérité ». J. Rouch

 

 

« Complainte du progrès », Boris Vian

Autrefois pour faire sa cour

On parlait d’amour

Pour mieux prouver son ardeur

On offrait son cœur

Aujourd’hui, c’est plus pareil

Ca change, ça change

Pour séduire le cher ange

On lui glisse à l’oreille

Ah ? Gudule !

Viens m’embrasser

Et je te donnerai

Un frigidaire

Un joli scooter

Un atomixer

Et du Dunlopillo

Une cuisinière

Avec un four en verre

Des tas de couverts

Et des pell’à gâteaux

Une tourniquette

Pour fair’ la vinaigrette

Un bel aérateur

Pour bouffer les odeurs

Des draps qui chauffent

Un pistolet à gaufres

Un avion pour deux

Et nous serons heureux (…)

Distribution

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