J’abandonne une partie de moi que j’adapte

De Justine Lequette

05 → 06.05.2021

Grande Salle

5e et 6e

1h10

Dates et heures

On en ressort le cœur gai, un peu confus et mis à nu.

« Êtes-vous heureux ? » … c’est la question embléma- tique du film documentaire « Chronique d’un été » de Jean Rouch et d’Edgar Morin, Prix de la critique interna- tionale à Cannes en 1961. Cinq amis et acteurs décident de s’emparer des deux – de la question et du film – et vont profiter de l’espace qu’offre encore la création théâtrale pour se réunir, discuter, s’interroger et … créer une œuvre existentielle, emplie de poésie. C’est un instantané de la vie de quelques jeunes adultes qui se déroule alors sous nos yeux, autour d’une table où le langage désuet se mêle au vin rouge et à la fumée de cigarette. Les trente glorieuses s’essoufflent. Mai 68 n’est pas loin. Le travail, l’amour, le mariage, le loge- ment, la guerre… tout y est abordé. Et des questions surgissent les unes après les autres : « C’est quoi le monde dans lequel on vit ? » « Comment se débrouille- t-on avec la vie?» Comme un air de déjà vu… Et puis soudain, les costumes et le décor changent, les poses aussi. Tout est plus moderne, plus « contemporain ». Mais toujours ces mêmes interrogations… « Que reste-t-il aujourd’hui ? » « Que pouvons-nous inventer pour refaire le monde ? » Au fond, et si la réponse était ailleurs ? Et si on recommençait tout autrement ? Ce spectacle intime et touchant nous fait comprendre qu’à travers d’autres façons de partager, de vivre ensemble et de penser la société, les germes d’une utopie collective demeurent. Nous nous sentons moins seuls dans cette errance à la fois belle et absurde qu’est la vie.

Cinéma-Vérité :
Point de départ de cette pièce, le film «Chronique d’un été» de Jean Rouch et Edgar Morin fait un état des lieux de la so- ciété française durant l’été 1960. Dans la rue ou au beau milieu d’un salon parisien, le réalisateur et le sociologue organisent des enquêtes, interrogent des personnages récurrents sur la vie, l’amour, le travail, pro- voquent des confrontations… Ils amorcent ainsi le genre « cinéma vérité » qui consiste à se rapprocher le plus possible de la ré- alité représentée en intervenant le moins possible.
Le « cinéma-vérité » est fait de mensonges, qui, par un hasard singulier, sont plus vrais que la vérité ». J. Rouch

Complainte du progrès, Boris Vian :
Autrefois pour faire sa cour
On parlait d’amour
Pour mieux prouver son ardeur On offrait son cœur Aujourd’hui, c’est plus pareil Ca change, ça change
Pour séduire le cher ange On lui glisse à l’oreille
Ah ? Gudule !
Viens m’embrasser
Et je te donnerai Un frigidaire
Un joli scooter Un atomixer
Et du Dunlopillo
Une cuisinière
Avec un four en verre
Des tas de couverts
Et des pell’à gâteaux
Une tourniquette
Pour fair’ la vinaigrette
Un bel aérateur
Pour bouffer les odeurs Des draps qui chauffent Un pistolet à gaufres
Un avion pour deux
Et nous serons heureux (…)

 

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