fragments amoureux

Le 30 août 2014

Quatre jeunes comédiens diplômés cette année s’essayent à l’exercice de la lecture. Ils lisent des extraits de "Nouons-nous" de Emmanuelle Pagano et de "Fragments d’un discours amoureux" de Roland Barthes.

Réservation

Lieu: Studio

Public: Adultes

Dates et heures

Les livres
« Fragments amoureux »
Né en 1915 et mort accidentellement en 1980, Roland Barthes compte parmi les grandes figures de la pensée structuraliste en France qui, aux côtés de Jacques
Derrida et Gilles Deleuze, se propose de penser l’homme à partir des structures du langage.
Dans ces Fragments d’un discours amoureux, Roland Barthes nous permet de saisir à quel point l’amour, loin de nous rendre aveugles, est éclairant.

« Nouons-nous »
En face, Emmanuelle Pagano, romancière, née en Auvergne en 1969, ausculte dans son dernier ouvrage Nouons-nous (paru en 2013), la promiscuité amoureuse dans un étrange objet romanesque. C’est un écho des Fragments de Barthes qui découd l’amour, de main de maître, pour en isoler un détail signifiant. Un problème de peau, un geste inattendu, un objet à chérir.
Emmanuelle Pagano arpente les territoires du sentiment amoureux à travers des morceaux d’histoires et
compose un paysage tissé de sensations et d’émotions au moyen de scènes fugaces et sensibles.

Extrait
Fragments amoureux
« Le corps de l’autre.
CORPS. Toute pensée, tout émoi, tout intérêt sucités dans le sujet
amoureux par le corps aimé.
1. Son corps était divisé en deux : d’un côté, son corps propre- sa peau,
ses yeux- tendre, chaleureux, et, de l’autre, sa voix, brève, retenue,
sujette à des accès d’éloignement, sa voix, qui ne donnait pas ce que
son corps donnait. Ou encore : d’un côté, son corps moelleux, tiède,
mou juste assez, pelucheux, jouant de la gaucherie, et, de l’autre, sa
voix- la voix, toujours la voix-, sonore, bien formée, mondaine, etc. »

Nouons-nous
« L’aimer c’est m’inquiéter. L’air devient solide dans ma gorge. Mon
ventre contient des objets qui pèsent. J’essaie de trouver des occupations
pour mon corps. Marcher, cuisine, laver les sols et le linge. J’essaie de
penser à des choses insignifiantes, de remplacer mon inquiétude pleine,
pleine de lui, par de petites préoccupations légères, inoffensives. Mais
il m’inquiète à la gorge, au ventre, dès que je m’arrête. Et mon corps
alors me rappelle le poids, au ventre, à la gorge, ce poids qui est de
l’aimer.

Avec Claudia Bruno, Stephan Ghisbain, Sarah Santkin, Elisabeth Rasson.

A lire
Fragments d’un discours amoureux, Roland Barthes, Seuil, 1977
Nouons-nous Emmanuelle Pagano, POL, 2013