Christine a vu la création du spectacle de Delphine Bibet que nous avons le plaisir de vous proposer jusqu’au 16.03. 

Voici ce qu’elle en pense!

Ôtez-moi ces paroles que je ne saurais justement articuler pour décrire le chaleureux moment vécu ce douze mars deux mille dix-neuf.

Mardi détente, mardi mi-mars, mardi playback!

J’aime me laisser envoûter par le théâtre, ses dorures avec la naïve insouciance de vivre l’instant présent. Vivre le théâtre, c’est, selon moi, se laisser ensorceler la magie de découvrir ce qui se cache derrière « le grand rideau » sans en connaître un mot. Un mot, non pas un mot, mais de nombreux phrasés pour décrire en musique les maux de nos histoires d’amour. Nos histoires, car j’en suis sure, elle est la mienne, la tienne, celle de mon voisin de gauche, celles de la troupe, et bien d’autres encore. Si elle ne l’est pas dans son entièreté, elle est une bribe tantôt embarrassante tantôt fidèle de la réalité de chacun, de la réalité de tous.

Ce mardi soir, nous entrons dans un Playback, j’entrais dans bien plus qu’un Playback! D’abord, il s’agit là d’une projection de mille et une facettes. Non pas parce que le décor est scintillant, mais parce que nous sommes, projetés, à travers différents points de vue. Au cœur du burlesque, je me laisse rapidement porter à une délicieuse mélancolie… Playback éveille en moi un délicieux parfum d’enfance. Petite, quand on avait la télé, je prenais plaisir à tenter de déceler tous ces chanteurs qui s’adonnaient à l’exercice audacieux du Playback… Émission de variétés populaires… autant te dire qu’ils étaient nombreux à faire semblant de pousser la chansonnette sur scène.

Hier soir, chaque membre de l’équipe de Delphine Bibet, a pu briller. Sous les projecteurs, chacun vit son moment de gloire, endosse le rôle d’une superstar. Entre interprétations de chansons qui ont bercé mon enfance, emplie d’une profonde douceur et couplée à l’humanité des personnages… Je me laisse attendrir par la sensibilité qui émane du jeu des artistes, petit à petit, j’entre au cœur de l’intimité de chaque histoire d’amour. Les interprétations s’articulent avec tant d’émotion, les artistes n’ont pas besoin de mot pour devenir attachants. Playback, c’est plus que l’exercice périlleux qui vise à faire coller le mouvement de lèvres à la cadence des paroles d’une chanson. C’est surtout une imprégnation complète réalisée par des personnages communs qui ne tentent pas d’être beaux, mais surtout d’être brillant!

Dans une variété proche du kitsch, entre l’ombre et la lumière, l’envers du décor est terni par la douleur. Lorsque l’artiste n’est plus sous les projecteurs, il est envahi d’une peine qui serre le cœur… Les histoires d’amour s’entremêlent au rythme des jeux de lumière et de nos éclats de rire. La chanson d’amour populaire a la chance d’être touchante. Tout en étant chargés de maux, certains mots traduisent les douloureuses peines de cœur ou encore la trouille de livrer ce que l’on garde au plus profond de notre être.

Ce qui est précieux dans ce moment qu’on a passé ensemble, c’est qu’il ne faut pas être amateur de variétés ou de chansons d’amour pour pouvoir apprécier l’humour de la pièce.

Playback m’a fait briller, une heure dix de plaisir, de rire, où l’on vit la consécration.

Christine Paquet.

 

Photo: Marie-Françoise Plissart

PLAYBACK d’Histoires d’amour, teaser from THEATRE DE NAMUR on Vimeo.

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