Notre spectatrice critique a découvert la première représentation de « Les Naufragés » ce mercredi 9 octobre.

Voici en quelques mots ce qu’elle en a pensé!

Dehors, le froid est déjà pinçant, pourtant, nous ne sommes « qu’au » début du mois d’octobre…

Dedans, l’on retrouve des visages familiers, la saison du théâtre reprend, on retrouve ceux que l’on a côtoyés à l’aube de l’été dernier et quelques nouvelles figures qui lèvent peut-être pour la première fois les yeux vers le plafond onirique qui garnit le ciel de la grande salle.

Dedans, l’univers est chaleureux, le théâtre s’habille des couleurs de l’automne, nos regards s’écartent assez vite des nuages au-dessus de nos têtes, ils sont frappés par les vestiges qui jonchent le sol face à nous.

Le public se place jusqu’à la minute où débute le témoignage d’un livre que l’on aurait ouvert…

Face à nous, François Cottrelle nous livre les mots de Patrick Declerck. Durant quinze années, ce dernier a partagé le chemin des clochards de Paris.

Rapidement, le décor est planté, le rythme est soutenu. Dans un premier temps, je ne parviens même pas à accueillir une seule de mes pensées. Le récit est poignant, mon souffle s’accélère au rythme de l’heure que nous passons ensemble, l’une ou l’autre personne perturbe ma concentration pourtant, mes yeux restent envoûtés par les lumières qui ruissellent le long de ce sol… Ce sol qui semble à moitié mou, à moitié sale pour le moins très poussiéreux… Ce faisceau lumineux court le long du plateau que l’on arrive plus à déceler… Très vite, ma plus grande peur me gagne, j’imagine des centaines de souris grouiller à toute vitesse pour envahir l’espace.

Mon nez chatouille, mes pieds se réchauffent alors que les maux m’envoient des frissons qui vont et viennent ponctuellement, je n’oserais dire qu’ils me glacent le sang.

Ces chemins de vie sont, si on peut les nommer de cette façon, des histoires que l’on croise au coin de la rue, que l’on connait depuis notre prime jeunesse. Au plus on entre au cœur de l’histoire, au plus je pense à la dame qui chante des chansons dans le piétonnier namurois, je pense à l’homme qui tournait sur le pont de Jambes durant des années, depuis, il s’est arrêté de tourner, mais il est toujours là, assis, devant une église de Jambes… Je pense à ces parcours que l’on côtoie quotidiennement, ceux vers qui l’on va, ceux dont on connait le passé… parfois pas… mais aussi ces légendes…

À certains moments, j’avais l’impression d’être seule dans cette salle, face à cet homme qui me raconte des histoires… bouleversantes, accompagnées de certaines images qui sont marquées dans ma mémoire.

Comme une claque, l’histoire arrive à sa fin mais je n’ose pas faire claquer mes mains, je me laisse emporter, bouche-bée par le rythme qui démarre lentement de la part de mes voisins présents ce mercredi soir. Certains ont déjà sauté de leur siège, je suis vissé dans le mien et je mets du temps à pouvoir me relever de l’intensité de ces soixante dernières minutes.

 

Christine Paquet

Photo: Pascal Chantier

 

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