On reprend nos avis de spectateurs pour une troisième saison.
Pour ce faire, on commence avec notre premier spectacle, une création de la compagnie Back Pocket: La vrille du chat

 

Dans sa dernière newsletter, le Théâtre de Namur déclinait son identité artistique en termes d’excellence, d’accessibilité, de sensibilité et d’intelligence. Avec La Vrille du Chat, la compagnie Back Pocket a offert à son public hier soir, en première mondiale, une habile conjonction de ces quatre fondements, dans un spectacle circassien, à la lisière de la danse et du théâtre.

D’excellence, il en a été question tout le long. Performance des corps – beaux –, perfection des mouvements – fluides –, coordination des cinq artistes – sans faille. Car il faut les voir, ces acrobates, défier les lois de la gravité, titiller l’équilibre, convertir le plateau en une console de lecteur de cassettes, et enclencher à l’envi les boutons rew et ff. La même scène se répète, avec toutes les variations dont le quotidien est capable pour agrémenter les moments les plus ordinaires d’une touche de folie.

Debout pour un bon nombre d’entre eux en fin de représentation, les spectateurs ont démontré qu’accessible, ce spectacle l’était sans nul doute. Aux abonnés habituels s’ajoutaient les enseignants invités par le Théâtre à l’occasion des 20 ans de sa réouverture, et quelques enfants, bienheureux. Tous ont basculé de leur côté, émerveillés face à ces grands gosses qui s’ébattent sur scène avec un plaisir non dissimulé, contagieux. Tous ont relégué aux oubliettes la recherche d’un fil narratif, à mesure que le souffle se coupait et que les mains battaient.

Back Pocket a livré à Namur une prestation grandiose, un chef d’oeuvre d’équilibre. Équilibre des corps qui partent en vrille, se contorsionnent, s’empilent, s’emboîtent, sont ici et aussi là-bas, maintenant et en même temps avant et après, sans pourtant jamais perdre le nord. Équilibre de la proposition d’ensemble, également. C’était fin et malin, subtil et pourtant très évident, sonore et feutré à la fois, comme les déambulations d’un chat. Sensibilité et intelligence au cœur de l’identité artistique du Théâtre de Namur ? Nous y étions.

Vinciane Ruelle

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