Voici l’avis de Charline Wartel; notre spectatrice critique a vu GAZ. Plaidoyer d’une mère damnée ce jeudi 1 février.

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Lorsque l’on devient parent, il suffit d’entendre le cri du nouveau-né pour comprendre que désormais, notre vie ne tournera qu’autour de ce petit être. C’est encore plus vrai pour les mamans. Ne vous indignez pas messieurs mais 9 mois durant, nous développons avec l’enfant un lien indéfectible, et l’on sait, dès lors que l’on acceptera tout de lui.

On acceptera ses longs sanglots nocturnes et les réveils qu’ils engendrent, on acceptera les crises de colère, la bouderie adolescente, la première cigarette, le premier verre d’alcool …Et si un jour il commettait l’irréparable ? Et si un jour, notre enfant, tuait les enfants d’autres personnes ? Accepterions-nous cela aussi ? Pourrions-nous pardonner ? Sommes-nous coupables de cette folie ?

Gaz, plaidoyer d’une mère damnée, c’est le cri lourd d’une maman d’un terroriste. Victime des actes de folies de son fils mais pas assez victime pour partager sa douleur avec les familles que son fils a décimé. Viviane De Muynck nous fait littéralement plonger dans son âme. Qu’a-t-elle fait de mal ? Qu’aurait-elle du ou pu faire pour empêcher son fils de devenir un assassin ? De ce lien si fort qui unit une mère à son enfant, comment n’a-t-elle pas pu empêcher le pire d’arriver ?

Le texte de Tom Lanoye et le message qu’il tend à délivrer m’a d’emblée emportée. Il n’en a pas été de même pour l’interprétation. Même si je salue respectueusement la performance de Viviane De Muynck qui tient un monologue durant 1h20 dans une langue qui n’est pas la sienne avec brio, j’ai personnellement eu du mal à m’habituer à l’accent et j’ai parfois eu l’impression que le texte était dissolu…

Je ressors de Gaz, plaidoyer d’une mère damnée avec des sentiments mitigés. La compassion d’abord, envers les mères de terroristes qui non seulement perdent leurs enfants sans avoir vu quoique ce soit arriver mais qui en plus, par pudeur, ne peuvent exprimer ouvertement leurs douleurs au vu des atrocités commises par leurs enfants.

De la crainte aussi. Maman d’un enfant de 6 ans, j’ai peur de l’influence que le monde ou son entourage peuvent avoir, qu’il tourne mal, qu’il ne se laisse entrainer dans des horreurs sans nom …

Et en sachant que nos enfants allaient commettre le pire, les mettrions-nous au monde ?

Charline Wartel

 

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