Critique de spectateur: Philip Seymour Hoffman, par exemple

Voici deux avis de deux de nos spectatrices « critiques » sur le spectacle Philip Seymour Hoffman, par exemple du Transquinquennal

Qu’ils soient positifs ou pas, ils peuvent participer au débat et c’est ce que nous recherchons.

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Mimétisme

On nous annonce deux heures trente de spectacle, un spectateur me dit « mais enfin, c’est de la torture! », il est particulier de percevoir de la torture dans un moment de divertissement. Les portes de la salle s’ouvrent, les spectateurs emboîtent le pas, l’éclairage est très discret, la pièce a déjà commencé, sur scène, deux agents de sécurité contrôlent les bagages des voyageurs d’un aéroport. Plongés dans cet espace, des voyageurs pressés se croisent pour rejoindre leur zone d’embarquement, portiques de sécurité, fond vert correctement utilisé pour intégrer les acteurs qui se dirigent vers leur zone d’enregistrement. La pénombre plonge le spectateur dans le décor, il ne se gêne pas de parler calmement à son voisin tout en décortiquant les éléments divers et variés posés sur scène.

Mimétisme, les lumières s’éteignent progressivement, la salle est de plus en plus plongée dans le noir et le spectateur imite son voisin en diminuant progressivement le volume de sa voix. Le mimétisme se poursuit sur scène, les cinq acteurs passent dans différents univers, ils passent de rôle en rôle, l’étiquette que l’on aurait envie de leur attribuer change à chaque mouvement dans le décor. Ces changements nous permettent de prendre conscience que, dans la vie quotidienne, on en vient à faire la même chose, à s’adapter, s’imprégner de l’univers dans lequel on est plongé.

Les êtres qui nous entourent, la dynamique d’un groupe, d’une famille, d’une classe font que nous réalisons des mimétismes, des adaptations aux groupes dans lesquels on vit au quotidien.
On aura tantôt une casquette et tantôt une autre, les casquettes seront différentes en fonction du milieu dans lequel l’on se trouve, les êtres ont un pouvoir sur l’autre qui permet dévoiler l’une ou l’autre facette d’une personnalité tel un caméléon qui s’empare des couleurs des décors qu’il traverse.

L’installation est importante, le décor jongle dans les mains des acteurs pour mettre en lumière des rôles différents, ils deviennent une cinquantaine de rôles durant ces deux heures dix; on s’accroche pour parvenir à capter les différentes étiquettes. Autour de nous, quelques-uns décrochent, ils perdent le fil des événements, ils ne parviennent pas à suivre les différentes étiquettes que portent ces cinq personnes sur scène, ils capitulent et prennent la porte de la sortie avec la mine confuse. Les plus vaillants, dérangés par les différentes vagues de départ dans la salle, ils soulèvent le manque de respect qu’ont certains à emporter leurs affaires sous l’œil des acteurs. Ils arrivent à apprécier le jeu des acteurs, ils se laissent séduire par l’écriture et l’ensemble de la salle est bercée par des éclats de rire réguliers. Le hall de l’aéroport laisse très vite place à des environnements bien différents, le décollage se fait peut-être trop en douceur même si les univers changent régulièrement.

Christine Paquet


Que dire ? et qu’en dire ?

Je n’étais vraiment pas préparée à un spectacle aussi hermétique

-Entrée dans un hall d’aéroport, des gens passent et repassent vers leur destination.

Un portail de contrôle et des agents de sécurité, nous entrons cela prend du temps, beaucoup de temps.
Le silence se fait et la pièce s’active enfin, et là commence dès l’abord l’incompréhension, j’ai beau essayer de suivre, d’accrocher, je n’y parviens pas, d‘innombrables tableaux s’enchainent et s’enchevêtrent. Les personnages multiples joués par les mêmes acteurs ne facilitent pas la compréhension du spectacle.

Je persévère me disant que je vais bien trouver le fil, le liant. Ariane ne me viendra pas en aide.

Philippe ? Stéphane ? Qui est qui ? Qui fait quoi et pourquoi ? Qui se prend pour qui et pourquoi ?

J’ai beau me concentrer, Je n’y parviendrai pas. Mon esprit décroche et décroche encore. Mes yeux se ferment, je lutte ? des bruits de sièges me rappellent à l’ordre ; Des spectateurs se lèvent et partent à plusieurs reprises. Deux ou trois rangées se vident peu à peu. Ils renoncent à essayer de comprendre, et s’en retournent certainement interrogateurs.
Je resterai jusqu’à la fin. Je suis tenace.

Plan avec des chinois pour un jeu télévisé, une ado se coulant dans la vie de Philippe, Stéphane ne s’y retrouve plus. Une histoire d’assurance à toucher, qui doit mourir ? pour ‘du vrai’ ou pas ? La numérisation d’un faux mort ? Stéphane , Philippe ?
Je ne suis pas plus …
Nouveau plan, un chalet, un vieux papa décédé, ses enfants trient ses affaires et règlent leur passé, un Père Noël arrive pour donner un semaine en avance un peu de bonheur à un enfant malade en face. Il neige !
Un enfant meurt, il neige !
Fin !

Nous repartons silencieux vers nos » chez nous ». Quelques réflexions entendues au vol me font me sentir moins seule. Ouf !
Malgré des acteurs convaincus et des décors simples mais efficaces, je n’ai pas trouvé beaucoup de plaisir à regarder cette pièce très très confuse. Sans doute aurait-il fallu présenter le spectacle avant de le jouer et en expliquer les objectifs et le sens.
Oui mais, alors est-on encore au spectacle ?

Carine Ours

Date: 12 octobre 2017

Auteur: Théâtre de Namur

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