Critique de spectateur: Amor

Voici l’avis de Charline Wartel, notre spectatrice critique du soir !

Qu’il soit positif ou pas, il peut participer au débat et c’est ce que nous recherchons. 

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Il faut que je vous avoue un truc : j’ai toujours été hermétique à l’œuvre de Jaco Van Dormael. De Toto le héros au plus récent Tout nouveau testament, il arrive un moment où je me perds dans des limbes dont je ne remonte qu’au générique de fin. C’est difficile à expliquer mais je me sens exclue du travail de Jaco Van Dormael, je sais que c’est beau mais ça ne m’est pas accessible … C’est donc avec curiosité et appréhension que j’assistais ce soir à la première de « Amor » cocréation avec la chorégraphe Michèle-Anne De Mey. A l’heure où j’écris ces lignes (22h50 pour les curieux) le constat reste le même : Jaco et moi, ça ne fonctionne pas.

Au théâtre, j’aime avoir mon baromètre émotionnel qui s’affole : peur, joie, colère ou tristesse j’aime l’exacerbation des sentiments provoquée par le théâtre. Sauf qu’ici, rien. Mon baromètre est resté désespérément au point mort. Pas une larme de rire ou de tristesse, je suis restée définitivement au sec. Pourtant, je sais que ce que j’ai vu est beau. Michèle-Anne porte merveilleusement ce spectacle durant 1h15 et captive le public avec ses chorégraphies envoutantes. Je sais aussi que ce spectacle, comme toute l’œuvre de Jaco Van Doramel est poétique, je la vois cette poésie au travers de la mise en scène, des effets spéciaux et de la musique. Et même si je dois reconnaitre que la musique est splendide et que j’ai conscience d’avoir eu sous les yeux pendant plus d’une heure quelque chose de beau, je ne ressens rien.

Ce spectacle, comme toute l’œuvre de Jaco Van Dormael, trouvera à n’en point douter son public. Et une partie de celui-ci était là ce soir. C’est peut-être d’ailleurs la seule émotion que j’ai ressentie ce soir : A la fin du spectacle (non pas parce que c’était la fin, je ne suis pas hermétique à ce point), le public a applaudi. Fort. Longtemps. Certains se sont levés, et ont applaudi encore et encore. (Mes émotions au point mort et moi on regardait cette scène en se disant qu’on était quand même des nazes de ne pas communier avec les autres) Et puis, dans le fond de la salle, j’ai aperçu un monsieur qui se levait, qui applaudissait et souriait. Ce monsieur, c’était le cocréateur de cette pièce, et le voir là, fier de Michèle-Anne et de son travail, ça m’a ému.
Alors si vous êtes client du travail de Jaco Van Dormael, vous aimerez Amor, et probablement que vous avez raison. Pour ma part, je pense que Jaco et moi c’est comme une expérience de mort imminente qui se termine mal : je n’y retournerai pas.

Charline Wartel

Photo: Julien Lambert

Date: 18 octobre 2017

Auteur: Théâtre de Namur

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