Lecture-rencontre avec Bernard Chambaz

Le 31 août 2014

Réservation

Lieu: Studio

Public: Adultes

Dates et heures

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Le livre
Durant l’été 2011, Bernard Chambaz traverse les Etats-Unis en vélo, d’Est en Ouest, escorté par sa femme Anne en Cadillac. Ce voyage, ils l’ont déjà effectué, deux décennies plus tôt, avec leurs trois fils. Le cadet, Martin décédé dans un accident, en avait gardé un «souvenir éclatan». Ses parents reprennent la même route parce que, sur cette terre d’Amérique, on se sent «à la fois partout et nulle part». Sur la route défile l’Amérique, ses scènes de la vie banales et ses destins
extraordinaires, les Roosevelt, les Lindbergh, ces soldats de retour d’Irak, ces motards en balade autour de la cité des Anges. Mais une question demeure à laquelle nul n’échappe : qu’y a-t-il au bout du chemin ?

L’auteur
Bernard Chambaz, né en 1949, est un romancier, historien et poète français. Après l’accident et le décès de son fils Martin, Bernard Chambaz n’a dû son salut qu’à deux choses. Le vélo, sur lequel il est remonté, tentant de faire taire son désespoir par l’épuisement de la dépense physique ; et l’écriture, celle du poignant Martin cet été et L’Arbre de vies, prix Goncourt du premier roman. Depuis ce texte, il n’était revenu que «de biais» sur le drame, à travers des récits et poèmes peuplés d’oiseaux et d’endeuillés. La route américaine lui permet de l’évoquer «de front».

Extrait lu par Philippe Résimont
Entretien animé par Hérade Feist, journaliste pour Arte Journal

« Que nous demeurions inconsolables n’enlève rien à notre effort de
tenir tête à la tristesse et à ma volonté d’écrire un livre joyeux. Depuis
19 ans, nous avons multiplié les voyages, été et hiver, à deux, et non
plus à cinq, bazardés sans préavis dans une période ultérieure de notre
vie, plus ou moins conscients de la fuite en avant éperdue où nous
étions lancés, n’aimant rien comme nous retrouver ailleurs, dans un
autre monde, une autre langue, avec des billets d’autres monnaies dans
les poches, mettant la tristesse à distance et allumant ici et là des feux
de joie. Anne est d’habitude la première à vouloir partir. Cette fois-ci,
elle est réservée. Toutefois elle a consenti à cette traversée et à ce roman
qui en est le prétexte. Mais elle en redoute le «sujet» incandescent.
La singularité du coeur humain, c’est que la partie carbonisée brûle
encore. Elle n’a pas plus d’idée que moi de la façon dont Martin
pourrait apparaître dans cette histoire. »

A lire > Dernières nouvelles du martin-pêcheur, Bernard Chambaz, Flammarion, 2014